Climat social : qui sont les vrais «rapaces» ?

Lundi, 16 Mars 2009 23:28
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Voici le nouveau mot à la mode, insulte visant à qualifier ceux qui osent un peu trop afficher lucidité et solidarité quant à la réalité sociale du pays.

François Chérèque, le patron de la pro-patronale CFDT, agacé par l'attitude d'Olivier Besancenot dans les conflits sociaux en cours, a affirmé hier que les militants du NPA qui «font le tour des entreprises en difficulté», «ça fait un peu rapace»... Des propos que l'intéressé a jugés «pas très dignes». «Si François Chérèque est surpris de voir des militants anticapitalistes à la sortie des entreprises, il va falloir qu'il prenne sur lui parce qu'il va en voir de plus en plus. C'est notre travail à nous, militants, d'être là au quotidien», a rétorqué Besancenot dont un récent sondage le qualifie, avec 43% d'opinions favorables, d’«homme politique qui s'occupe le mieux des problèmes des Français».

François Chérèque, l'homme qui signe tout ce que le Medef lui soumet, ne manque pas de toupet : lui qui sabote les intérêts des salariés et des chômeurs au nom d'un certain syndicalisme «réformiste», c'est-à-dire empreint de «modernité», ce jaune qui n'hésite pas à faire condamner des précaires pour «violation de domicile», ne doute pas un instant que le «rapace» qui profite de son statut pour trahir les pigeons qu'il est censé représenter, c'est plutôt lui. Accuser certains de vouloir «politiser le mouvement social» alors qu'un mouvement social, c'est politique, quelle ineptie !

Sur ce, Frédéric Lefebvre, l'aboyeur de l'UMP, connu pour ces saillies aussi répugnantes que mensongères, a sauté sur l'occasion de faire encore parler de lui : «Dimanche, François Chérèque a qualifié M. Besancenot et ses amis de rapaces autour de tous ces conflits sociaux et de ces drames. Mais je veux dire que M. Fabius, je le mets dans la même catégorie : la catégorie des rapaces», a-t-il renchéri au micro de RTL. Selon lui, l'ancien Premier ministre socialiste «construit et appelle quasiment à la révolte».

Dans ce cas, tous ceux qui alertent sur la conjoncture actuelle ou soutiennent les luttes des Français qu'on spolie ou qu'on plonge dans la misère sont des «rapaces» qui menacent la paix sociale ! Pourtant, cette menace n'est que l'aboutissement de décisions économiques et politiques portées depuis des lustres par des chacals égoïstes fadés de planqués irresponsables. Face à une situation qui peut leur échapper à tout moment, y'a pas à dire, qui se ressemble s'assemble : l'UMP fait dans son froc… les syndicats aussi.

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Mis à jour ( Lundi, 16 Mars 2009 23:28 )