L'ex-PDG de Moulinex demande réparation aux Prud'hommes !

Vendredi, 15 Décembre 2006 17:18
Imprimer
C'est un choc pour les ex salarié(e)s de Moulinex : Patrick Puy, leur dernier PDG qui se chargea du plan social ayant entraîné plus de 3.200 licenciements de 2001 à 2003, demande aux Prud'hommes de Nanterre "176.000 € d'indemnités" pour "licenciement économique" !

Moulinex, l'ancien fleuron français du petit électroménager, avait déposé le bilan le 7 septembre 2001 après une décennie de crises depuis la mort, en 1991, de son fondateur Jean Mantelet. En octobre 2001, son concurrent Seb l'avait partiellement repris, mais 3.700 personnes s'étaient retrouvées sans emploi sur les 5.600 salariés en France. Ensuite Patrick Puy, "nettoyeur" recruté pour l'occasion, s'est chargé du reste...

L'avocat de M. Puy, Me Nicolas Sauvage, a déclaré ce matin au micro de France Info "comprendre [l'émotion] des gens de Moulinex qui ont perdu leur emploi" tout en justifiant la démarche de son client, qui a été "salarié [de l'entreprise] pendant 3 semaines et 3 jours". "Que je gagne 3.000 € ou 300.000 € par mois, je dois être protégé de la même manière par le Code du Travail", a-t-il fait valoir.

Une démarche "odieuse"

Telle fut la réaction de Marie-Gisèle Chevalier, licenciée en 2003 après 35 années d'activité et ex-déléguée CFDT de Moulinex, présente jeudi à Nanterre avec d'autres anciennes salariées de l'entreprise : "Ces gens là n'ont pas de honte. Ils mettent 3.286 personnes au chômage et saisissent les Prud'hommes pour licenciement économique, expliquant n'être que simples salariés !!! [...] J'ai travaillé 35 ans pour un peu plus de 1.000 € par mois. A l'arrivée, à près de 52 ans, je n'ai jamais retrouvé d'activité : aujourd'hui je suis «en amiante» et je vis avec 1.023 € par mois", a-t-elle témoigné avec indignation.
"Abasourdie par l'énormité" des émoluments perçus par son ancien patron et révélés à l'audience, "3.777.000 Francs de prime après 21 jours et 60.000 € par mois d'indemnité, tout cela pour déposer le bilan", Mme Chevalier ne "veut pas croire" au succès de la démarche de M. Puy. "Bien entendu je serai là le 13 mars - jour du délibéré du tribunal - mais il ne peut être que débouté, il ne peut que perdre, il ne peut surtout pas gagner : ce serait trop injuste !", a-t-elle déclaré.

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Vendredi, 15 Décembre 2006 17:18 )