Hausse des prix : le trucage permanent

Mercredi, 12 Octobre 2011 17:08
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Malgré les derniers chiffres de l'Insee, la revalorisation automatique du Smic n'est toujours pas à l'ordre du jour. Zoom sur une scandaleuse imposture.

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, les prix des produits de grande consommation dans la grande distribution se sont stabilisés en septembre après une hausse constante depuis le début de l'année.

Mais quand on regarde dans le détail, on constate que, sur un an, les prix des produits de grande consommation ont augmenté de 3% dans les supermarchés et de 3,1% dans les hypermarchés. Une moyenne pondérée par les prix des produits d'entretien, d'hygiène et de beauté, qui ont tendance à baisser. Ce qui n'est pas du tout le cas des produits alimentaires "hors produits frais" (+3,5% sur un an), des viandes (+3,6%) et des boissons (+3,4%. Avec la "taxe soda" qui sera doublée et élargie aux boissons light, ça devrait exploser).

Quant au taux d'inflation officiel, il s'élèverait à 2,2% sur un an… seulement. Pour septembre, l'Insee estime que l'inflation s'est maintenue à un niveau élevé, l'alimentation et l'énergie (+12,1% sur un an !) demeurant les principaux postes de hausse du budget des consommateurs.

Néanmoins, la progression des prix serait insuffisante pour déclencher une revalorisation automatique du Smic (prévue à partir de 2%), et le gouvernement est seul arbitre en la matière (pour les "coups de pouce"). Il est vrai que depuis 2007, la générosité de l'UMP envers «la France qui se lève tôt» commence à être connue, et la compétence de notre «Président du pouvoir d'achat» tout à fait notoire.

En ce qui concerne le Smic, l'astuce est la suivante : sa revalorisation automatique n'est pas indexée sur le taux d'inflation officiel mais sur l'indice des prix à la consommation (IPC) hors tabac des ménages ouvriers ou employés, un indicateur spécifique qui n'aurait augmenté que de 1,96% par rapport novembre 2010 — mois qui avait déclenché la dernière revalorisation —, soit quatre centièmes de points en dessous du seuil nécessaire.

Nos 15% (au bas mot) de Smicards vont donc continuer à se contenter d'une aumône de 9 € brut de l'heure, soit 1.070 € nets par mois pour un temps plein mensuel. De quoi rassurer Jean-Claude Trichet et le FMI.

SH


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