Egalité salariale d'ici deux ans : un vœu pieu

Mardi, 22 Mai 2007 14:22
Imprimer
Xavier Bertrand, notre nouveau ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, a déclaré hier soir que le gouvernement se donnait "deux ans maximum pour parvenir à l'égalité salariale" entre les hommes et les femmes.

"Nous voulons nous donner une date butoir de deux ans maximum pour parvenir à cette égalité salariale" et "lever toutes les pesanteurs qui l'empêchent", a-t-il annoncé, estimant qu'il faut "prendre en compte le fait que, parfois, les femmes n'ont pas eu le même parcours professionnel" que les hommes en raison de la maternité. [...] On s'aperçoit que le temps passé pour une femme à élever ses enfants ne lui permettra pas le même déroulement de carrière" : ni les mêmes droits pour la retraite, d'ailleurs... "Je veux aussi prendre en considération la question de la garde d'enfant", a-t-il dit.

Un bel effet d'annonce, alors que l'arsenal législatif existe ! Mais, malgré la loi n°2001-397 du 9 mai 2001 relative à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ainsi que la loi n°2006-340 du 23 mars 2006 qui demandait déjà aux entreprises de supprimer les écarts salariés au plus tard en 2010, rien n'a bougé, faute de contrôles dans les entreprises pour veiller à leur application. Xavier Bertrand a pourtant ajouté : "Il ne s'agit pas pour nous de dire dans deux ans les entreprises qui n'y seront pas auront des sanctions, avec un rôle accru pour les inspections du travail"... Il souhaite simplement "mettre en avant" les entreprises qui ont appliqué cette mesure afin de "montrer que les choses sont possibles".

On sait bien que les contrôles accrus et les sanctions sont réservés aux chômeurs, pas aux employeurs qui discriminent les femmes (si ce n'est pas les seniors). Les augmentations de salaires n'étant pas à l'ordre du jour, on se demande comment les entreprises daigneront combler les écarts qui persistent, notamment chez les cadres. Quant au développement des modes de garde collectifs pour les enfants des mamans qui travaillent ou recherchent un emploi, il n'a jamais été mis en avant dans le programme du candidat de l'UMP : seul un "droit opposable" (c'est à la mode…) a été avancé, comme si, désormais, les Françaises n'avaient plus qu'à prendre le temps de saisir la justice pour faire valoir leurs droits. Du chiqué, tout ça !

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Mardi, 22 Mai 2007 14:22 )