30% de chômeurs à l'ASS auraient retrouvé un emploi

Samedi, 24 Juin 2006 15:24
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Face aux difficultés de son organisme, Christian Charpy reste un directeur général résolument positif, nourri à la méthode Coué. Selon lui, environ 30% des chômeurs en fin de droits bénéficiant de l'ASS (allocation spécifique de solidarité) qui ont été reçus à l'automne par l'ANPE ont retrouvé un emploi depuis. Un emploi, oui, mais de quelle nature ? Il ne le précise pas.

Après avoir effectué la même requête en direction des jeunes durant l'été 2005, Jean-Louis Borloo avait demandé à l'Agence nationale pour l'emploi de recevoir tous les chômeurs en fin de droits bénéficiant de l'ASS afin de leur "trouver une solution"... Ils sont au moins 450.000 dans cette situation, et l'ANPE en a reçu courageusement 250.000. D'ailleurs, à la suite de cette opération, M. Charpy avait lui-même constaté que "nos agents ont été très surpris de l'ampleur des difficultés que rencontrent ces personnes" qui sont "beaucoup plus éloignées de l'emploi que ce qu'on imaginait"…

Parmi eux - miracle ! - 30% ont trouvé un emploi "à temps plein ou partiel", a révélé M. Charpy mercredi sur France-Info, "alors qu'en septembre 2004, au bout de six mois, seuls 13% avaient réussi à trouver un emploi. (...) Il n'y a donc pas de fatalité, on peut sortir du chômage même quand on est chômeur de longue durée, et cela montre que l'accompagnement personnalisé, l'accueil actif, c'est efficace" !
Bien entendu, M. Charpy ne précise pas quelle est la teneur et la pérennité de ces emplois (par exemple, combien ne sont que des contrats aidés ?). Il en a tout simplement profité pour vanter les mérites du "suivi mensuel personnalisé" instauré depuis janvier 2006, une procédure à laquelle les syndicats de l'ANPE sont opposés, estimant qu'il s'agit d'un outil de contrôle du chômeur permettant d'augmenter les radiations. Ce suivi "permet d'accompagner le chômeur vers l'emploi, il n'est pas fait pour le fliquer, comme le disent les syndicats", a-t-il défendu. Mais tant que la création d'emploi ne sera pas au rendez-vous, on se demande quels miracles le suivi mensuel personnalisé pourra bien accomplir.

Il a ajouté qu'il fallait "sortir de cette polémique sur les radiations des demandeurs d'emploi" qui seraient, selon les syndicats et la gauche, à l'origine de la baisse du chômage. "Chaque mois, les radiations, c'est entre 30 et 35.000 personnes, et chaque mois, c'est 400.000 personnes qui sortent du chômage et un peu moins de 400.000 qui y entrent, donc c'est un élément très minoritaire".

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Mis à jour ( Samedi, 24 Juin 2006 15:24 )