Contrats d'avenir : Borloo veut "aller plus loin"

Mercredi, 06 Décembre 2006 09:03
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Le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo a déclaré hier que 110.000 contrats d'avenir ont été signés en un an et qu’"il faut aller beaucoup plus loin".

Le "contrat d'avenir" est un CDD de deux à trois ans dont la durée hebdomadaire est limitée à 26 heures payées au Smic : une misère. Réservé aux chômeurs de longue durée percevant les minima sociaux (RMI, ASS, API), il offre du sous-emploi dans le secteur public ou parapublic, lui-même miné par les réductions d'effectifs. Par exemple, dans l'Education nationale où l'Etat supprime des postes, près de 40.000 "emplois vie scolaire" (EVS) sont venus palier pour pas cher au manque de personnel dans les écoles primaires.

Selon le directeur de l'ANPE Christian Charpy, à juin 2006, la durée moyenne des contrat d'avenir était de 13,5 mois : on voit bien que cette formule n'est en rien un moyen de sortir durablement les chômeurs de leur situation. Par contre, l'employeur est totalement exonéré de charges et reçoit une aide forfaitaire égale au montant du RMI garanti à une personne isolée (433,06 € au 1er janvier 2006) complétée d'une aide dégressive de l'Etat, le tout pour un coût résiduel très modique.

Quelque 110.266 contrats d'avenir ont été signés depuis un an dont 90.687 depuis janvier, selon le ministère de l'Emploi. La convention d'objectif signée par les départements et les communes tablait sur 175.000 contrats d'avenir, la loi de finances 2006 en prévoyant 200.000. "J'observe que ce dispositif pour les personnes très éloignées de l'emploi fonctionne de manière diverse selon l'engagement de ceux qui le gère" (c'est-à-dire les collectivités territoriales), a constaté M. Borloo lors des questions à l'Assemblée nationale. "Une fois encore, j'en appelle à la solidarité nationale !", a-t-il lancé.
Car il faut que les chiffres du chômage continuent à faire bonne figure jusqu'aux élections, et les astucieux contrats aidés - tout bénéf pour l'employeur, misérables pour le chômeur (qu'on a la plupart du temps forcé avec menace de radiation) - y contribuent.

Dans 25 départements, plus de 10% des allocataires du RMI ont signé un contrat d'avenir et dans 26 départements, le taux de RMIstes en contrat d'avenir est compris entre 7% et 10%, selon le ministère. Pour 2007, le gouvernement a prévu de financer 100.000 contrats d'avenir supplémentaires.


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Mis à jour ( Lundi, 18 Avril 2011 10:56 )