Ces seniors qu'on licencie pour «faute grave»

Lundi, 13 Août 2007 19:36
Imprimer
Nombre d'entreprises qui se débarrassent de leur personnel âgé arnaquent l'assurance-chômage en contournant la contribution Delalande sans être nullement inquiétées.

Pour rappel, la contribution Delalande a été créée en 1987 et avait pour but de préserver l'emploi des seniors en taxant lourdement les licenciements des salariés de plus de 50 ans. Comme à chaque fois qu'il s'agit de contourner un impôt ou une charge supplémentaire, les effets pervers de cette taxation se sont avérés nombreux et, pour simplifier la chose, le gouvernement a donc décidé de la supprimer le 1er janvier 2008 bien qu'elle rapporte environ 500 millions d'euros par an. Evidemment, malgré le déficit de l'Unedic, aucune mesure compensatoire n'est envisagée.

Alors qu'on contrôle avec zèle les privés d'emploi et que les sanctions à leur encontre ont triplé en 2006, des entreprises continuent à se séparer illégalement de leurs seniors en toute impunité : pour échapper à la contribution Delalande, elle les licencient pour «faute grave» avec leur consentement, et le tour est joué ! La perte pour l'Unedic est ainsi évaluée à 80 millions d'euros par an, selon un rapport de l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) qui proposait en 2005 de généraliser cette contribution quelque soit l'âge du salarié afin de responsabiliser les entreprises en faisant peser sur elles une partie du coût collectif du chômage.
Par cette fraude organisée, l'Assedic est doublement perdante : elle n'a plus qu'à s'asseoir sur sa cotisation et doit indemniser des "seniors" promus à un avenir de chômeurs de très longue durée...

«Assedics et vieilles dentelles», une excellente enquête réalisée par deux jeunes journalistes de l'ESJ de Lille qui semblent décidés à faire honneur à leur métier, à visionner sur www.rue89.com

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Lundi, 13 Août 2007 19:36 )