Parisot, la retraite et l'emploi des seniors

Dimanche, 02 Septembre 2007 13:29
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Fustigeant au passage le plan du gouvernement sur l'emploi des seniors qui "ne fonctionne pas à ce jour" et les patrons qui "ne jouent pas le jeu", la présidente de la Caisse nationale d'assurance vieillesse juge "pas crédible" la proposition de Laurence Parisot de relever l'âge minimum légal de départ à la retraite.

Mercredi, lors de l'université d'été de son organisation, la présidente du Medef avait proposé de relever l'âge légal de la retraite à 61 ans en 2012, puis à 62 ans en 2020, en rupture avec les politiques actuelles qui se basent avant tout sur la durée de cotisation. Dans une tribune au Journal du Dimanche, la présidente de la CNAV Danièle Karniewicz dénonce cette idée.

"La présidente du Medef relance le sujet crucial du financement des retraites en proposant uniquement d'intervenir sur l'âge. Je pense qu'il n'est pas crédible - voire qu'il est dangereux - d'aborder le problème de façon aussi sélective et schématique", estime-t-elle, rappelant que l'allongement de la durée d'activité "est déjà inscrite dans la loi de 2003". Reculer l'âge de départ conduirait "à refuser la retraite à tous les Français qui ont commencé à travailler jeunes et qui atteignent 41 ans de cotisations avant d'avoir 61 ans", souligne-t-elle en ajoutant que "cela conduirait à précariser la situation des seniors de façon strictement inacceptable".
"Avant de pouvoir remettre en cause la retraite à 60 ans, il faudrait déjà que les entreprises s'engagent à garder les salariés au travail jusqu'à cet âge-là, ce qui est loin d'être le cas", remarque-t-elle, en rappelant que "sur les 700.000 à 800.000 nouveaux retraités chaque année, "seul un tiers est encore dans l'emploi au moment du passage effectif à la retraite".

Pour Danièle Karniewicz, "le sens des responsabilités exige aujourd'hui la mise en place de garde-fous afin d'empêcher de chasser les seniors des entreprises". Or, par exemple, le gouvernement agit à l'opposé en programmant la disparition de la contribution Delalande, déjà aisément contournée. Elle rappelle que "le plan du gouvernement en faveur de l'emploi des salariés les plus âgés ne fonctionne pas à ce jour. Les employeurs, qui en sont les acteurs principaux, ne jouent pas le jeu". Mme Karniewicz souhaite donc que le chantier sur les retraites qui doit être rouvert en 2008 "soit l'occasion pour le patronat de clarifier ses positions sur l'emploi des seniors"...

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Mis à jour ( Dimanche, 02 Septembre 2007 13:29 )