Allemagne : ces élites qui font craquer le système

Lundi, 18 Février 2008 18:39
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Un énorme scandale de fraude fiscale massive secoue l'Allemagne, déjà entâchée par plusieurs grosses affaires de corruption - Volkwagen, Siemens… - qui ont ébranlé la confiance dans les élites. Force est d'avouer qu'une fois de plus, ce ne sont pas ces profiteurs de chômeurs ou de pauvres qui en sont à l'origine et que l'injustice sociale devient criante.

«Les élites sont devenues cupides et ont perdu toute décence», a déploré lundi le ministre social-démocrate des Finances, Peer Steinbrück. En première ligne, de respectables chefs et cadres supérieurs d'entreprises [1]. Egalement des sportifs, des artistes et des personnalités du monde audiovisuel. En tout, un millier de personnes à très hauts revenus, soupçonnées d'avoir cherché à échapper au fisc via des fondations établies au Lichtenstein. Le montant total de la fraude pourrait atteindre 4 milliards d'euros… pour l'instant. Quelque 900 mandats de perquisitions ont été délivrés et 125 procédures d'enquête ouvertes.

«Les dirigeants doivent prendre conscience de leur fonction de modèle pour la société. Faute de quoi notre économie sociale de marché ne sera plus crédible», a déclaré le ministre de l'Economie chrétien-social, Michael Glos. La chancelière Angela Merkel, dénonçant un scandale «au-delà de l'imaginable», a dit espérer «une harmonisation de la transparence financière au sein de l'UE». Des paroles en l'air puisque le "mini-traité" de Lisbonne, que nos gouvernants vont continuer à entériner sur le dos des peuples, ne prévoit aucune harmonisation de la fiscalité ou de la protection sociale en Europe. Harmonisation pourtant réclamée depuis longtemps par les «nonistes» mais que les libéraux, de gauche ou de droite, n'ont jamais voulu entendre...

Si l'Europe et le libéralisme perdent de leur crédibilité, si le climat social continue de se dégrader, si les grands partis traditionnels redoutent que l'affaire ne renforce les petits partis contestataires sur le thème du «tous pourris» et ne mette en danger la démocratie, c'est bien la surdité et l'aveuglement de nos élites politiques qui en sont essentiellement responsables.

[1] A noter que, l'an dernier, les salaires des patrons allemands ont progressé de 17,5% : il est clair que l'embellie économique ne profite pas à tout le monde !

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Mis à jour ( Lundi, 18 Février 2008 18:39 )