Dans son rapport sur les tendances mondiales de l'emploi en 2009, le BIT estime que le nombre de chômeurs pourrait augmenter de 18 à 30 millions par rapport à 2007, «et même de 51 millions si la situation continue de se détériorer». Selon le BIT, le nombre de chômeurs dans le monde pourrait s'élever à 230 millions. Le nombre de travailleurs pauvres atteindrait alors 1,4 milliard, «soit près de 45% de la population active mondiale ayant un emploi». Plus de 200 millions de personnes, «la plupart dans les économies en développement», pourraient venir grossir les rangs des travailleurs «extrêmement pauvres».
«L'agitation sociale est déjà là !», relève Juan Somavia, Directeur général du BIT, pour qui les gouvernements doivent impérativement prendre en compte la situation des personnes dans le cadre de leurs plans de relance. Les gouvernements doivent opter pour des mesures d'urgence axées sur la création et la protection de l'emploi, l'élargissement de la protection sociale et le dialogue social.
Nous n’avons pas attendu le rapport du BIT pour tirer, ici sur Actuchomage et ce, dès le mois de septembre, la sonnette d’alarme. Entre août et novembre 2008 en France, 160.000 personnes ont rejoint les rangs des chômeurs de catégorie 1, le taux officiel du chômage ; + 64.000 pour le seul mois de novembre. Et le chiffre de décembre 2008 pourrait être plus mauvais encore. Dans ces conditions, nous évaluons entre 500.000 et 700.000 le nombre de nouveaux chômeurs de catégorie 1 qui pointeront au Pôle Emploi en 2009. Ce qui nous donnerait alors une augmentation du taux de chômage de +20 à +30% sur un an. En espérant nous tromper… lourdement !
Articles les plus récents :
- 02/02/2009 18:07 - Pôle Emploi : 75.000 dossiers en souffrance, et des offres en chute libre
- 02/02/2009 02:18 - 45.800 chômeurs de plus en décembre
- 01/02/2009 21:00 - Virée pour abus de courriels ?
- 31/01/2009 17:56 - La télévision publique aux ordres de l'UMP
- 30/01/2009 11:15 - Suites du 29 : pas d'illusions à se faire
Articles les plus anciens :
- 27/01/2009 22:31 - Chômage : les chiffres de décembre seront très mauvais
- 27/01/2009 01:39 - «Licenciements» sur Google, ça fait (vraiment) peur !
- 26/01/2009 12:18 - Crise : le gouvernement à côté de la plaque
- 23/01/2009 16:30 - 2 millions de petits chômeurs, et moi, et moi…
- 23/01/2009 05:01 - Auto-entrepreneur : j'ai assisté à une réunion d'information
Commentaires
Si je n’ai pas voté pour lui, j’ai été soulagé qu’il soit élu parce que, au fond de moi, je m’interrogeais : «Et si le Saint Homme disait la vérité ?» Effectivement, dans le sillage de son élection, j’ai senti comme un frémissement : J’ai retrouvé un vrai travail en octobre 2007 après plusieurs années de galère. Pas bien payé ce taf, pas valorisé ni valorisant au regard de mes compétences, il me permettait néanmoins de sortir de la précarité à 430 € par mois, le montant de l’ASS (équivalent du RMI) que je percevais alors.
Et me voilà bossant pour un patron «bling-bling» : Salariés payés au lance-pierre (pour la plupart jamais augmentés depuis 5 ans), lui, roulant en 4×4 BMW et passant ses week-ends à l’île Maurice à jouer au golfe avec ses potes, petits et grands patrons eux-mêmes. Malgré tout, aucune raison valable de me plaindre car, dans sa grande mansuétude, Saint-Nicolas avait pris des dispositions pour m’aider à boucler mes fins de mois étriquées : Des heures sup’ défiscalisées (et exemptées de cotisations sociales) que j’ai dévorées à belles dents pour ne pas me retrouver dans le rouge malgré mon train de vie plus tortillard que TGV.
Les mois ont passé jusqu’à ce 6 janvier 2009 où mon patron nous a convoqués, moi et mon collègue de bureau : «J’vous expose la situation : Ralentissement de l’activité fin 2008, mais on gagne encore un peu d’argent. En 2009, je ne veux pas en perdre donc je suis obligé de licencier l’un de vous. Choisissez lequel !» Ambiance… Avec Patrick, c’est comme ça qu’il s’appelle mon collègue, on est repartis dans notre bureau sous le choc ; lui et moi n’en avons pas dormi de la nuit. Ah oui, j’oubliais, notre patron a tenu à préciser : «J’attends votre réponse pour demain ou après-demain. C’est pour un départ de l’entreprise fin janvier !» Forcément, il faut faire vite, y’a urgence avec la crise !
Nous, solidaires, on n’a pas choisi lequel serait sacrifié. Le patron a pris sa décision et moi… la porte «préventivement ». L’entretien de licenciement a eu lieu le 21 janvier, juste avant que mon ex-employeur ne s’envole pour une semaine de vacances luxueuses (le connaissant), «pour fêter les 40 ans de ma femme» qu'il a dit mon boss. Pas belle la vie ?
Et voilà comment certains patrons alimentent la crise, en se débarrassant à titre «préventif» de leurs salariés ; pas pour sauver leur boîte mais pour préserver leur standing et leur marge bénéficiaire. Si cette procédure devait se généraliser à toutes les entreprises françaises, et plus particulièremen t aux PME/PMI, notre «Monsieur PLUS» a du souci à se faire ; d’ici à ce qu’il se métamorphose en «Monsieur MOINS», il n’y a qu’une équation sans inconnues :
Un chômeur de plus, c’est du pouvoir d’achat en moins ; du pouvoir d’achat en moins, c’est moins de consommation ; moins de consommation, c’est moins d’emplois ; moins d’emplois, c’est plus de chômage. La boucle est bouclée. Enfin, la spirale infernale de la récession…
Combien de chômeurs en plus déjà ? 64.000 pour le seul mois de novembre, c’est bien ça ? Ça nous donne quoi sur un an : 700.000 chômeurs supplémentaires en 2009 ? Moi, si j’étais «Monsieur Plus», j’interdirais «préventivement » les licenciements.
Paul Emploi chez Actuchomage
• Une histoire vraie, forcément (dont je vous épargne les détails absurdes et mesquins).
• Enfin, 2 millions, c'est le nombre de chômeurs de catégorie 1 (le taux officiel du chômage). La France compte 4 millions de chômeurs (de catégories 1 à 8) et des millions de travailleurs précaires soumis à des temps partiels subis et autres contrats de travail au rabais. Répondre | Répondre avec citation |
D'après certains Prud'hommes, une augmentation des plaintes pour licenciement pour motif économique sont en augmentation.
Pour les personnes qui ont vécu ou qui vont vivre la même situation que Monsieur Paul Emploi et pensent que la procédure est abusive et irrégulière quelques informations :
La procédure devant les Prudhommes est gratuite.
Le recours a un avocat est facultative tant que vous n'êtes pas en appel devant la cour de cassation
Pour un licenciement économique survenu avant deux ans de contrat : on peut demander entre 1 à 6 mois d'indemnités
Par ailleurs, la proposition de reclassement doit être réelle et sérieuse : on peut aussi demander entre 1 et 6 mois d'indemnités
Ce n'est pas au demandeur, victime de ce type de licenciement d'apporter la preuve de l'état des finance de la boîte, c'est à l'employeur
Lors de la 1ere étape, la conciliation, le patron doit apporter toutes les pièces justifiant la cause sérieuse et réelle du licenciement économique.
Le juge ne va pas juger l'opportunité mais va faire des remarques.
Grosso modo, il m'est dit qu'à part la durée de la procédure après conciliation, il n'y a pas de risque à attaquer
Il est conseillé aussi de lire la convention collective
Bon courage à vous tous!
Plus d'infos :
Le site des Prud'hommes
Le site Inter Emploi
Le site fait par une conseillère Prud'hommale Répondre | Répondre avec citation |