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Accueil Social, économie et politique Ça se passe comme ça chez McDonald's

Ça se passe comme ça chez McDonald's

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Ce grand champion de la flexibilité, gourmand de main d'œuvre docile et malléable - et que certains qualifient même d'exploiteur de la jeunesse - ne manque pas d'arguments pour l'apater. Voici l'une de ses nouvelles affiches publicitaires qui va faire grincer des dents plus d'un "senior" mis au placard, ou au chômage pour une très longue durée.

FAUT-IL ATTENDRE D'AVOIR 40 ANS POUR AVOIR DE VRAIES RESPONSABILITÉS EN ENTREPRISE ?

Chez McDonald's, on est promu Manager en moyenne à 27 ans.
Un Manager encadre environ 10 à 15 personnes.

Parce que le talent n'attend pas le nombre des années et parce qu'une formation adaptée donne à chacun la possibilité de progresser selon ses capacités, 80% de nos managers sont issus de la promotion interne.

Aux questions d'emploi que se posent les jeunes, McDonald's a des réponses.
www.mcdonalds.fr

.../...

Alors que pullulent les annonces illégales - notamment sur Monster, un autre grand champion… - contenant des mentions d'âge discriminatoires (la fourchette ordinaire se situe entre 25 et 35 ans), sans compter les mentions floues comme "équipe jeune" ou "senior, 3 à 5 ans d'expérience" qui confirment la réalité “d’une seule génération au travail” épinglée par l'ex premier ministre Jean-Pierre Raffarin dans son "Contrat France 2005"... Alors que les entreprises se débarrassent de leurs "salariés âgés" de plus en plus tôt (dans certains secteurs comme l'informatique, à 37 ans on est déjà trop vieux) et que sur le marché de l'emploi on se découvre "senior" dès 40 ans... On peut se demander si aujourd'hui une partie croissante des salariés de plus de 40 ans peut espérer avoir l'opportunité d'exercer de vraies responsabilités en entreprise.
Outre la frustration individuelle, des études très sérieuses pointent cette "exception française" qui provoque un gâchis de compétences et de savoirs... dont se privent elles-mêmes les entreprises.

Le jeunisme et le productivisme accru de notre société se reflètent parfaitement chez McDonald's, où les CDI à temps partiel au Smic signés à gogo sont bien moins protecteurs et bien plus contraignants que les CDD. Malgré un recrutement qui brasse large et une promotion interne réelle, devenir Manager à 27 ans dans une entreprise où le turn-over bat des records, c'est sûr : ça donne la frite.

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Mis à jour ( Jeudi, 27 Avril 2006 16:57 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2006-04-27 16:23 Un témoignage récent (et ses commentaires) à lire sur www.marianne-en-ligne.fr :

Mc Do au quotidien ? Difficile pour le client de s’en faire une idée. Delphine Soulas, notre collaboratrice, s’est donc fait embaucher. Voyage au cœur d’une des plus grandes multinationales

Vendredi, 8h50. Comme une dizaine d’autres jeunes, j’attends au 8 boulevard de la Madeleine que la porte s’ouvre. C’est la «journée d’intégration» m’a-t-on expliqué. En tant qu’étudiante, je connais bien ce genre de rituel, mais je doute que Mc Do en ait la même définition.

Effectivement, pendant 4 heures, on nous présente diverses vidéos vantant l’entreprise et nous expliquant nos futures missions. Accueil en caisse, temps d’attente du client, sans oublier le célèbre SBAM (sourire, bonjour, au revoir, merci). Ceux qui travailleront en cuisine ne sont pas plus oubliés, avec notamment des vidéos sur la cuisson des steaks et les normes d’hygiène. Des règles bien théoriques, appliquées de façon beaucoup moins scrupuleuse en restaurant.

Vient ensuite l’heure de signer nos contrats et d’essayer nos uniformes. Je repars de là un petit sac Mc Do à la main. Ce que je ne savais pas encore, c’était que pendant six semaines j’allais non seulement vendre Mc Do, mais aussi manger Mc Do, et même penser Mc Do, surtout dans mon sommeil.

Quelques jours plus tard, je découvre mon nouveau lieu de travail : un comptoir, un ordinateur, un «bin» (à peine arrivée, je commence déjà à parler Mc Do), le présentoir où l’on met les hamburgers prêts, une fontaine à sodas… Heureusement, une autre «équipière» est là pour m’apprendre le métier. Première étape : la prise de commande. En tant que consommateur, cela paraît simple : un Big Mac, des frites et un Coca. Mais entre ceux qui ont la carte Imagine’R, ceux qui veulent un Orangina sans glace, ceux qui commandent un Filet-O-Fish sans sauce et ceux qui finalement veulent de la sauce curry et non barbecue avec leurs Nuggets, il y a vraiment de quoi attraper la migraine, surtout quand on n’a pas l’habitude. Le client est en train de payer, à moi maintenant de préparer sa commande. D’après la matinée de formation, on est un bon équipier quand on arrive à ne faire qu’un seul trajet par menu. Dans une main, la boisson, dans l’autre le hamburger, et comme je peux, les frites. Inévitablement, les frites tombent par terre. Je me dépêche donc de finir la commande du client pour courir chercher la mop (traduction Mc Do : la serpillière) et nettoyer le sol au plus vite. Bientôt, ma formation se termine. Me voilà donc toute seule face à mon écran et à mes clients. Je termine la journée en sueur, la tête prête à exploser.

Mais après quelques jours, je suis déjà une pro. Le client préfère finalement des Deluxe Potatoes à la place des frites ? En deux clics sur l’écran, l’affaire est réglée, et avec le sourire. J’en arrive même à conseiller les clients et à leur détailler la composition des hamburgers, moi qui n’avais pas mis les pieds dans un Mc Do depuis au moins 5 ans. Les commandes sont parfois des plus farfelues : un client japonais atteint d’un gros rhume me demande de l’eau minérale chaude, tandis qu’une cliente se disant allergique commande un Big Mac… sans pain !! Eclat de rire en cuisine, mais sa commande est finalement satisfaite. Et puis il y a les clients qui font attention à leur ligne, mais pas toujours jusqu’au bout. Un jour, une dame relativement forte commande une salade avec un Coca, «light s’il vous plait». Puis l’air un peu honteuse, elle demande presque en catimini un McFlurry, «avec pleins de M&M’s», soit plus de 600 calories rien que pour la glace ! Il y a aussi les habitués, comme cette dame qui tous les après-midi vient chercher son cône de glace. A quelques exceptions près, cela s’est toujours bien passé avec mes clients.

Je ne peux cependant pas en dire autant de mes relations avec les autres équipiers. Avec les managers, pas de problème. Jamais absente, toujours à l’heure, ne faisant que peu d’erreurs de caisse, j’ai vite été perçue comme une équipière modèle. Mais avec les employés des cuisines, les altercations n’étaient pas rares. Un exemple : d’après les normes Mc Do, les hamburgers sont jetés après 10 minutes d’attente, histoire qu’un produit à moitié froid ne soit pas servi aux clients. Pourtant, lorsqu’un équipier est chargé de cette mission, ceux des cuisines ne supportent pas toujours de voir tous leurs sandwichs jetés. A nous en caisse de faire patienter le client, le temps que ceux des cuisines acceptent de refaire les hamburgers jetés. Il n’est pas rare que dans ce cas le client attende une dizaine de minutes, même en dehors des périodes de forte affluence (dites période de «rush» en langage Mc Do). De quoi décourager les équipiers de prêter attention aux temps d’attente des hamburgers.

On dit aussi que Mc Do paie mal. Dès la «journée d’intégration», les choses sont claires : pas de majoration le soir, le dimanche, ni les jours fériés. Tout le monde est payé de la même façon : 8,03 € brut de l’heure. Le minimum légal. Assez fréquemment, on demande aux employés de rester plus longtemps que prévu, mais les heures de travail étant comptées par une pointeuse, toutes les heures travaillées sont payées. Pour 122 heures de travail par mois, j’ai donc touché 769 € net, soit 6,3 € net de l’heure. Pas de quoi aller au resto tous les jours, mais un salaire qui correspond à ce que touchent la plupart des jeunes travailleurs à temps partiel. Les travailleurs précaires, comme on dit souvent. Mais là-dessus, rien à dire. J’ai signé le contrat…

Six semaines plus tard, c’est sans aucune tristesse que j’ai rendu mon uniforme. Un manager m’a alors demandé si je souhaitais continuer à travailler au Mc Do en parallèle de mes études. Ma réponse fût catégorique : NON ! Reste qu’en cas de besoin, Mc Do peut être bien pratique. Chaque année, quelque 1.500 personnes tombent sous le charme de la géante sirène américaine.
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0 # superuser 2006-04-27 16:29 par Stéphanie PLATAT pour Libération :

120% de turn over pour des employés en CDI, cela donne un délai de carence de 4 mois, si tout va bien, avant d'accéder à une éventuelle allocation chômage (si durée de cotise suffisante), après accord du service de contrôle de la recherche d'emploi (SCRE/DDTE). Bref il est plus simple de quitter un CDI en prenant un autre contrat que de tabler sur un droit à alloc. Que voilà donc une forme d'emploi efficace … pour développer la précarité.

Deux jeunes filles sont devant un écran plat d'ordinateur, on les imagine dans une bibliothèque. Il y a la Beurette et la Française «de souche», histoire de rappeler que McDo a toujours embauché Black- Blanc-Beur. La Beurette cherche un boulot. «CDD, CDD, CDD, c'est déprimant», se lamente-t-elle. Sa copine, qui, elle, a trouvé un vrai boulot, essaie de la réconforter : «Attends, c'est pas la mort, il faut un début à tout.» Elle lui fait part de son expérience, car elle aussi est passée par là, «plein de fois», et le mieux c'est qu'elle trouve ça normal.

Et que vive la précarité. «Mais tu délires !» lui répond sa copine. «Attends, un taf c'est un taf, t'es pas obligée d'y passer ta vie.» D'autant plus vrai chez McDo qu'ailleurs : la chaîne enregistre, sur Paris, un turnover de 93% pour les équipiers (130% en 2002). Seuls 10% des étudiants qui ont bossé chez McDo choisissent d'ailleurs de poursuivre leur carrière chez le roi du hamburger.

Mais la Beurette persiste. Toujours pas convaincue par sa copine briseuse de rêve, elle espère encore dégoter un CDI. «Les CDD à répétition, c'est pas ce qu'on recherche.» Sa copine donne le coup de grâce : «Evidemment, les CDI, c'est le rêve !» Elle marque un temps d'arrêt pour mieux enterrer les désirs de stabilité de sa copine : «Mais c'est rare !» De la détresse se lit dans le regard de la Beurette. Un monde s'effondre. Elle va devoir se faire une raison. «Le rêve a juste changé d'adresse», conclut la raisonnable. Autrement dit, la chance de décrocher un emploi stable est tellement proche de zéro que, si une entreprise a l'audace de mettre le CDI sur la table de l'entretien d'embauche, mieux vaut ne pas faire la fine bouche.

Et ça tombe plutôt bien, comme l'annoncent la voix off et le message déroulant, parce que, «chez McDonald's, plus de 80% des contrats de travail sont à durée indéterminée et ce dès la première embauche». Si McDo fait des hamburgers et «les fait bien» comme clamait la pub en pleine épidémie de vache folle, il fait aussi des CDI, des contrats de travail adaptés aux horaires des étudiants, et encourage la promotion interne, comme on l'apprend dans cette campagne.

«Chez nous, on fait d'abord, on dit après, explique Jean-Pierre Petit, président de McDo France, pour justifier le lancement d'une campagne aujourd'hui alors que, depuis deux-trois ans, les besoins de recrutement de ses restaurants sont satisfaits. Nous n'avons pas l'ambition d'être la solution, juste d'être une vraie réponse au problème d'emploi des jeunes. Il y a un décalage entre ce que fait McDo et la perception que certains en ont.» Avec ces pubs, ils continueront d'ignorer que, dans le monde de Ronald McDonald, qui embauche 1.500 personnes chaque année, les équipiers sont payés 8,03 euros de l'heure soit, à temps complet, 1.217 euros. Un salaire rarement atteint puisque 80% travaillent à temps partiel.
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0 # superuser 2006-04-27 16:49 Quelques extraits de Tsunami sur l'emploi des seniors à (re)lire sur SeniorPlanet :

(…) L’argument généralement avancé par les entreprises selon lequel la rémunération des seniors serait trop élevée par rapport à leur productivité est pourtant contredit par une étude récente de l’INSEE. L’analyse montre que le rapport entre productivité et salaire serait, chez les seniors, comparable à celui existant chez les autres salariés.

La DARES trouve d’autres explications au désemploi des plus âgés. "Dans une société où le diplôme apparaît comme un des signaux de la sélection professionnelle , de nombreux seniors présentent le handicap d'avoir un capital scolaire jugé insuffisant". Ainsi, 70% des cinquante cinquante-quatre ans n'auraient pas atteint le niveau bac et "leur formation tout au long de la vie ne compense pas la faiblesse de leur formation initiale". Et pour cause. L’étude du CEGOS montre que la formation des plus anciens n’est guère encouragée dans les entreprises, dans 70% des cas.

Autre handicap pointé par la DARES, près du quart des cinquante soixante-quatre ans déclarent connaître un problème de santé limitant leur capacité de travail, soit deux fois plus que les trente quarante-neuf ans.
Là encore, il conviendrait de se demander si ces "problèmes de santé" ne sont pas liés aux méthodes de travail parfois aberrantes mises en œuvre dans les entreprises. La rentabilité à tout prix au mépris du "matériel" humain. L’injonction de "faire du chiffre" au risque de se faire un ulcère, un cancer ou une dépression. Même les jeunes ne sont pas tous candidats à ce sacrifice sur l’autel de la globalisation. À plus forte raison, les anciens qu’on démotive et qu’on pousse vers la porte. L’arrêt maladie reste parfois leur unique solution pour éviter l’exclusion.

Tous ces éléments, constate la DARES, font "que les conditions ne sont toujours pas réunies actuellement pour améliorer l'emploi des plus âgés. Les tensions sur le marché du travail restent trop rares pour que les entreprises soient contraintes à recourir davantage aux seniors".

(…) Culpabilisation , harcèlement, carotte ou bâton, tous les moyens sont bons pour les faire décrocher. L’APEC prévoit un déficit de cinquante mille cadres par an.

(…) Et ce n'est pas le «contrat seniors» proposé par le MEDEF qui risque de changer la donne. Temps partiel en fin de carrière, assouplissement des CDD et de l'intérim ce fameux «contrat» a été aussitôt considéré comme une nouvelle mouture des «emplois-vieux». Un projet qui vise à créer au rabais un «lumpenprolétar iat» à cheveux gris, taillable et corvéable à merci. Mais sûrement pas à remettre les aînés à leur vraie place sur le marché du travail.
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0 # Yves 2006-04-27 17:27 Un article de l'hebdomadaire "Stratégies" (pub, médias, marketing) de décembre 2005 :

C'est une première : le géant de la restauration rapide lance une campagne TV sur sa politique de ressources humaines. Une nouvelle image employeur pour redorer son blason.
CDD, CDD… Avoue quand même que c'est déprimant », soupire une jeune diplômée en surfant sur des sites d'emploi. « Évidemment, les CDI c'est le rêve, mais c'est rare », rétorque sa camarade, avant qu'une voix off précise que chez McDonald's France, plus de 80 % des contrats sont à durée indéterminée. La nouvelle campagne de McDo est une première pour le géant de la restauration rapide, d'ordinaire discret sur sa politique de ressources humaines. Conçue par TBWA Paris, elle est destinée à soigner son image d'employeur auprès des candidats tout autant que des consommateurs.

Turn-over important

Pas de restaurants, d'uniformes ni de hamburgers dans les deux autres spots TV, qui insistent sur les horaires aménagés pour les étudiants-salariés et les promotions internes. « Ce n'est pas une campagne de recrutement, insiste Valérie Henaff, directrice des stratégies chez TBWA France. L'enseigne ne manque pas de recrues, mais il existe un décalage entre ce que fait McDo pour ses employés et la perception qu'en ont les gens. » Peut-être les traces de la longue grève des salariés du McDonald's du boulevard Saint-Denis, à Paris, lancée le 24 octobre 2001…

« Avant de lancer notre communication employeur, nous avons donc attendu que notre politique en matière d'emploi, de promotion interne et de conditions de travail arrive à maturité », explique Jean-Pierre Petit, PDG de McDonald's France. Chaque année, l'entreprise crée 1.500 emplois, notamment dans les quartiers sensibles. À la diversité ethnique s'ajoute un souci d'égalité des sexes, puisque 60 % des équipiers sont des équipières. Le recruteur privilégie en outre les aptitudes personnelles aux diplômes.

Sur le terrain, pourtant, le tableau semble moins idyllique. Si 50 % des 43.000 salariés sont des étudiants, seulement 10 % font carrière dans l'entreprise, où l'on ne reste que neuf mois en moyenne. Et pour cause : le salaire des équipiers plafonne au Smic horaire. Quant aux managers, ils gagnent environ 1.400 euros bruts par mois, soit juste 500 euros de moins que les directeurs de restaurant. Le tout sans pourboire, bien sûr…
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