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Il est aussi question de conditionner les aides publiques aux entreprises à l'engagement de ne pas licencier quand l'entreprise dégage des profits, et d'obtenir leur remboursement en cas de délocalisation. Mais tout cela reste flou : pas grand chose sur une obligation de résultat en ce qui concerne les exonérations usuelles, rien sur un conditionnement de leur attribution qui éviterait les trappes à Smic, rien sur les contrats aidés qui profitent honteusement aux employeurs en maintenant leurs signataires dans l'assistanat et la précarité. Sur ce point, rien de nouveau pour les minima sociaux reprenant le travail : son "revenu de solidarité active" permettra l'amélioration d'un tiers de leurs ressources, certes, mais ne les sortira pas durablement voire définitivement de ce cercle vicieux.
Côté chômage, l'effort est ciblé sur les jeunes : une allocation d’autonomie, et un "droit au premier emploi" prévoyant qu'aucun jeune ne puisse rester inactif au delà de 6 mois sans qu'on lui propose une formation, un emploi aidé (500.000 "emplois tremplins") ou un "tutorat rémunéré". L'éducation, à la base de tout, est aussi sa grande priorité.
L'autre grand dispositif s'adresse à tout le monde : il s'agit de la "sécurité sociale professionnelle". Garantie par l'Etat et assurée par le service public de l'emploi (dont elle ne précise pas le devenir, sérieusement entamé…), elle doit permettre à toute personne dont l'emploi est menacé ou supprimé de bénéficier d'une formation qualifiante et d'une aide personnalisée à sa recherche, tout en recevant pendant un an une rémunération égale à 90% du dernier salaire.
Pour financer tout cela, Mme Royal, dont on dit qu'elle "revient à gauche", n'a pourtant pas abordé un point essentiel : la taxation de tous les revenus financiers, grassement obtenus par la généralisation du chômage et des bas salaires. Taxation qui, même infime, dégagerait non seulement les moyens nécessaires pour mener à bien son projet mais adresserait un signal fort au monde du travail sur lequel pèse l'intégralité de la protection sociale. Ainsi, comme on le dit à la gauche de la gauche, Mme Royal propose un "traitement social du libéralisme" (une "social libéralitude" ?) basé sur des dépenses d'Etat dont les recettes fiscales ne seront pas compensées par les gains des rentiers qui s'évertuent, justement, à tuer le vrai travail, lui ôter toute valeur et démoraliser les Français.
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Le Parti socialiste dispose d'une marge de manoeuvre de 35 milliards d'euros pour financer le projet présidentiel de Ségolène Royal qui ne nécessitera aucune augmentation globale des impôts, déclare Eric Besson, secrétaire national du PS chargé de l'Economie.
Dans l'attente d'un chiffrage précis
La candidate socialiste à la présidentielle "a indiqué que son projet se déploierait à prélèvements obligatoires constants, ce qui signifie : pas d'augmentation globale des impôts, taxes et cotisations sociales et qu'il devait être compatible avec l'hypothèse de croissance retenue de 2,5% en moyenne par an pendant 5 ans", souligne-t-il dans un communiqué. "La marge de manoeuvre se situe donc autour de 35 milliards de dépenses nettes", écrit le député de la Drôme. "Nous montrerons prochainement que le financement du pacte présidentiel de Ségolène Royal, après intégration des redéploiements de dépenses et économies attendues, restera bien dans le cadre ainsi fixé", ajoute-t-il.
L'Institut de l'entreprise, une association indépendante réunissant près de 120 dirigeants d'entreprises françaises et étrangères, a néanmoins évalué les propositions de la candidate socialiste à "50-55 milliards" d'euros.
Le chiffrage précis des "cent propositions" de la candidate devrait être rendu public prochainement.
Les critiques de la droite : "l'hommage du vice à la vertu"
Eric Besson dénonce les critiques venues de la droite sur le financement des propositions de Ségolène Royal dans lesquelles il voit "l'hommage du vice à la vertu". Selon ses calculs, "la somme provisoire des engagements de Nicolas Sarkozy fait apparaître un solde de dépenses nettes de plus de 77 milliards, et le projet de François Bayrou n'est toujours pas connu".
L'Institut de l'entreprise évalue les propositions de Nicolas Sarkozy à un peu moins de "50 milliards d'euros".
"Les socialistes n'ont guère de leçons de gestion à recevoir d'une majorité qui aura à la fois accru le poids de la dette de 300 milliards d'euros, fait connaître à notre pays un déficit historique du commerce extérieur de 30 milliards d'euros et, contrairement à ses engagements, fait augmenter d'un point les prélèvements obligatoires", estime Eric Besson.
(Source : L'Express) Répondre | Répondre avec citation |
ESCROQUERIE
envoyé par ledud1
… à lire dans le détail sur Libération.fr Répondre | Répondre avec citation |