"Il faut que plus personne ne passe par la case chômage", a déclaré l'amnésique candidat à l'Elysée, oubliant encore que les performances de son gouvernement depuis cinq ans en matière de création d'emplois ont été particulièrement médiocres.
Il a ensuite promis la généralisation du contrat de transition professionnelle (CTP) qui prévoit une formation pendant un an sans perte de salaire après un licenciement économique. Omettant de préciser que le chômeur en CTP (ou en CRP, convention de reclassement personnalisé) n'est pas inscrit en catégorie 1 mais en catégorie 4 en tant que "stagiaire de la formation professionnelle" : ainsi non seulement il échappe aux statistiques officielles du chômage, mais ses chances de se voir octroyer une formation qualifiante sont aussi faibles que pour n'importe quel chômeur lambda. "C'est une véritable révolution", a radoté Jean-Louis Borloo, grand pourvoyeur d'emplois de service et de contrats aidés à durée déterminée, au Smic et à temps partiel.
Si c'est ça pour eux, la "sécurisation du parcours professionnel" - une idée volée à la CGT… -, on ne peut que rire devant la grossièreté du détournement. Et rire encore de cette ultime poussée de démagogie : après avoir visité une chaîne de fabrication, Nicolas Sarkozy a salué la "culture ouvrière" et la "solidarité" dans les usines où il n'y a selon lui "pas de bureau... Tout le monde est au même niveau" ! Pour quelqu'un qui rêve de puissance et baigne dans le fric, faire semblant d'envier la condition ouvrière, ses cadences et ses salaires relève du cynisme.
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Commentaires
En cinq ans, entre le dernier trimestre 2000 et le dernier trimestre 2005 (dernier jour), l'emploi du secteur privé est passé de 15 195 900 à 15 489 200, soit 293 300 emplois de plus (+1,93 %), ce qui est peu. Mais surtout, cette croissance s'est faite pour l'essentiel sous un gouvernement de gauche.
En 2001-2002, l'emploi a progressé de 275 900 (+1,82 %) en deux ans à gauche. En 2003-2004-2005, l'emploi a d'abord régressé avant de remonter lentement, pour une différence totale de 17 400 emplois (+0,11 %) en trois ans à droite.
Les adorateurs du libéralisme économique nous dirons que la gauche a bénéficié d'une plus forte croissance que la droite, mais il n'en est rien. La croissance a été semblable dans les deux cas, mais les résultats différents.
Pour plus de précisions, avec un tableau des emplois par secteur économique, voir :
Cinq ans d'emploi privé 2001-2005 Un tableau plus détaillé, par trimestre, est aussi donné (fichier Excel).
Comme cela a été montré dans La croissance ne crée pas d'emploi et dans Des mythes autour de l'emploi
ce n'est pas une forte "croissance" qui crée de l'emploi mais une différence positive importante entre la croissance de la production et celle de la productivité, comme pour les années 1988-89 (1,5 %) et dans une moindre mesure 1987 et 1990, ou une forte diminution de la durée du travail, comme entre 1970 et 1974.
En 2004, malgré une croissance de la production de 2,51 %, celle de l'emploi a été nulle (0,05 %). Dans l'industrie en 2004, pour une croissance de 1,67 % l'emploi a diminué de 3,02 %.
Dans les industries des biens de consommation, une croissance de 18 % correspond à une perte d'emplois de 20 % (en six ans).
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La bête médiatique est insatiable, Nicolas Sarkozy la nourrit. Pour que sa campagne ne connaisse pas de temps mort, le candidat de l'UMP s'était organisé hier une journée autour de deux pitchs : une grande conférence de presse le matin à Paris pour la présentation de son livre intitulé "Ensemble"; un déplacement breton dans l'après-midi en compagnie de Jean-Louis Borloo, qui aura attendu trois semaines avant le premier tour pour afficher son soutien.
«Fond de mon coeur». Côté prose, Sarkozy ne s'est pas foulé. Il a compilé ses principaux discours pour en faire un ouvrage de propagande. Toujours inspiré par François Mitterrand, qui avait adressé en 1988 une "Lettre aux Français" (gratuite), le candidat reprend l'expression à son compte en ajoutant emphase et violons : «C'est un livre qui exprime le fond de mon coeur et de mes convictions», a-t-il dit hier. Moins personnel en réalité que ses précédents ouvrages ("Témoignage" ou "Libre"), "Ensemble" a été rédigé par plusieurs plumes de l'ex-ministre de l'Intérieur, qui a exigé que sa sortie soit avancée.
Persuadé que le vote des Français va commencer à se cristalliser autour du week-end de Pâques, il a voulu que son livre soit comme un éventuel élément de réflexion supplémentaire. Lors de sa conférence de presse hier, il a développé un nouveau concept. Il s'est posé en défenseur de la «France exaspérée». Ces dernières semaines, il s'était déjà présenté en candidat qui «parle à la France du non», en champion de «la France qui se lève tôt le matin» ou encore en «candidat hors système». La «France exaspérée» donc, mais par quoi ? «Par la contestation de l'identité nationale, par une immigration non maîtrisée, par la fraude, par les gaspillages», a-t-il expliqué. Et de prévenir que «le pacte républicain menace d'exploser» : «Qui ne voit pas qu'il y a un lien évident entre la politique d'immigration non maîtrisée depuis trente ou quarante ans et l'explosion sociale dans nos quartiers.» Une phraséologie que Le Pen et Villiers ne renieraient pas.
Viennoiseries. Changement de décor l'après-midi et plongée dans une entreprise de boulangerie industrielle près de Rennes. Des semaines à jouer les divas, et puis le voilà. Mais pour sa première apparition publique de campagne dans le «Sarkozy tour», le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a séché la dernière conférence de presse de Villepin, qui aurait aimé l'avoir avec lui pour vanter son bilan sur l'emploi.
Le matin même, les collaborateurs du patron de l'UMP renvoyaient sur ceux du ministre : ils n'étaient pas parvenus à comprendre si Borloo serait du déplacement… Au milieu des sacs de farine, gluten et autres tapis roulants de pains au chocolat, les deux comparses en ont fait des tonnes en avalant force viennoiseries : rigolade avec les salariés, main sur l'épaule pour la complicité et vanne de Sarkozy : «Avec Jean-Louis, c'était une histoire secrète. On voulait pas vous le dire avant de l'avoir dit à nos parents qu'on s'entendait bien ensemble.» Tous deux se sont esclaffés et sont partis poursuivre la rigolade dans une ferme avoisinante au milieu des vaches et des cochons.
(Source : Libération) Répondre | Répondre avec citation |