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Accueil Social, économie et politique Le «low-cost», une priorité pour le pouvoir d'achat ?

Le «low-cost», une priorité pour le pouvoir d'achat ?

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Charles Beigbeder, frère de Frédéric et Pdg de Poweo (concurrent d'EDF), a rendu aujourd'hui au secrétaire d'Etat à la Consommation Luc Chatel un rapport où il formule des propositions pour stimuler le développement des activités «low-cost» en France en vue d'améliorer le pouvoir d'achat des Français.

Hard-discount alimentaire, téléphonie mobile, transport aérien, médicaments sans ordonnance… les idées ne manquent pas et «la France est très en retard par rapport à ses voisins européens», dit-il. Dans ses arguments, on reconnaît les sempiternels marronniers libéraux de la simplification de l'offre avec réduction des coûts, et le constat de "réglementations inadaptées" et de "monopoles" qui nous privent "d'une réelle concurrence".

Alors qu'en matière de pouvoir d'achat l'INSEE, la Commission européenne et le CREDOC s'accordent pour mettre en cause la détérioration des salaires depuis 25 ans - l'écart entre travail et capital s'étant creusé grâce, notamment, à la pression d'un chômage de masse entretenu par les employeurs avec la bénédiction des politiques -, au lieu de dénoncer cet état de fait qui est une injustice évidente, la plupart des Français continue à croire que faire des heures sup’ ou travailler le dimanche (donc, s'engouffrer docilement dans la régression sociale) est le seul moyen de gonfler leur fiche de paie !

Même chose pour les prix : au lieu d'augmenter le Smic et relever les salaires, comme il n'est pas question de demander quoi que ce soit aux entreprises - et encore moins à celles qui font d'immenses profits - ni aux spéculateurs fonciers qui ont rendu le logement inabordable, il faut déployer un écran de fumée en faisant croire aux consommateurs qu'acheter moins cher (donc développer le «low-cost») est la seule solution !

Seulement voilà : produire moins cher pour vendre mois cher, quoiqu'en dise M. Beigbeder, c'est souvent rogner sur la qualité du produit ou du service mais, surtout… sur les effectifs, les conditions de travail et, bien évidemment, les salaires ! Faire croire aux gens qu'ils pourront acheter plus alors que les rémunérations continueront d'être tirées par le bas et que la création d'emplois de qualité ne sera pas encouragée, en voilà une belle escroquerie intellectuelle ! Mais, il faut le dire, chez les Beigbeder, c'est de famille.

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Mis à jour ( Mercredi, 12 Décembre 2007 20:47 )  

Commentaires 

 
0 # tristesir 2007-12-12 23:00 Presque à chaque fois où vous achetez un truc "low cost" c'est un encouragement pour l'enseigne qui vous l'a vendu de faire pression sur toute la chaîne de production (et de distribution) pour que le prix soit encore plus bas, c'est à dire un encouragement à réduire la masse salariale, c'est à dire licencier et délocaliser.

L'extension des prix bas se fera en sacrifiant l'emploi de certains pour que des consommateurs (et les actionnaires des enseignes surtout) puissent profiter de ces prix.

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0 # superuser 2007-12-13 17:02 Du low-cost pour casser les prix : voilà une mesure qui ne coûtera pas un rond au gouvernement, dans sa lutte obsessionnelle pour le pouvoir d’achat. C’est la proposition faite hier par Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la Consommation, qui présentait un rapport commandé au PDG du fournisseur d’électricité Poweo, Charles Beigbeder.

Objectif du ministre : «Constituer un levier supplémentaire de croissance et de concurrence au bénéfice des consommateurs.» Avec l’aide d’économistes, Beigbeder s’est penché du côté de l’automobile, de la téléphonie… et même de la pharmacie ! Fort de son boom dans l’aérien, avec 12% du marché en France contre 36% au Royaume-Uni, le fameux modèle à bas coûts s’impose dorénavant dans de nouveaux secteurs. «Derrière les low-cost, il y a souvent des entreprises qui défendent une image forte : la Logan, c’est Renault», a déclaré hier Charles Beigbeder. Les grands groupes installés qui s’y aventurent, jonglent tant bien que mal entre leur image et celle de ce nouveau segment de marché pas très valorisant.

Automobile : la Logan, le succès encombrant de Renault

Depuis l’assemblage des premières pièces en Roumanie en 2004, Renault a été pris de court par le succès international de sa voiture low-cost. La Logan, fabriquée dans sept pays où «les coûts de main-d’œuvre sont réduits de 25%», selon Gérard Detourbet, directeur du programme entrée de gamme à Renault, s’est vendue à 700.000 exemplaires, soit 10% des ventes totales du constructeur. Et doit réaliser «plus de la moitié de l’objectif» du plan de redressement d’ici à 2009. D’abord destinée aux pays émergents, où elle est estampillée Renault ou Dacia selon les pays, elle est arrivée en catimini en France en juin 2005. Depuis, elle s’est écoulée à 50.000 exemplaires sous la marque Dacia, sans publicité. Dans les pays riches, Renault cherche à éviter toute cannibalisation entre sa Logan et le reste de sa gamme plus chère. Un risque écarté par une porte-parole. «Elle ne nous a pas pris de clients sur d’autres modèles car les gens qui achètent des Logan achetaient de vieux véhicules d’occasion.» Et l’échec cuisant de sa petite (mais chère) Modus ? Pour le directeur du cabinet de marketing Acmé consultants, Jacques-Pierre Mariot, qui a travaillé sur le design de la Logan, il existerait un nouveau segment de consommateurs «pas forcément pauvres, mais qui se moquent de dire : "Je roule en Logan".» Pour eux, la voiture ne serait plus un «moyen de dire qui on est». Seul risque pour Renault, à ses yeux : «Si la Logan était un jour de mauvaise qualité, ça rejaillirait sur son image.»

SNCF : le transfert du coût vers l’usager

Avec son IDTGV, la SNCF tire son épingle du jeu. A partir de 19 €, ce train circule vers une dizaine de villes en France. Secret de la maison : pas de guichets, des coûts transférés vers le client pour la distribution du billet (sur Internet), et un péage payé à Réseau ferré de France (RFF) divisé par deux, puisque la rame est raccrochée à un autre TGV. Ce qui réduit les coûts de techniciens et de conducteurs. Pourtant Mireille Faugère, directrice du département Voyages France-Europe de la SNCF, évite l’appellation «low-cost», à la consonance camelote. Les coûts sont réduits, certes, mais pas au prix de services spartiates ou d’une main-d’œuvre moins payée, souligne-t-elle. «Il faut attirer ceux qui sont très sensibles aux prix, comme les jeunes», dit-elle. En créant ces tarifs très bas, l’entreprise ne se prive-t-elle pas de recettes ? «Cela n’empiète pas sur notre clientèle et permet au contraire d’attirer des clients qu’on n’avait pas», affirme Mireille Faugère. Le but est moins de doper la croissance de l’entreprise que de grappiller des parts de marché, notamment aux compagnies aériennes low-cost. Ainsi, selon elle, la compagnie de chemin de fer a gagné cinq points de parts de marché en deux ans sur la ligne Marseille-Toulon. Ultime victoire : EasyJet s’est retiré cette année de la ligne Paris-Mulhouse, créée en 2005, où la ligne TGV Est ouverte en juin a permis de mettre un IDTGV.

Transavia : la troisième classe d’Air France

Marrakech, Porto, Palerme… des destinations qu’Air France ne dessert plus. Place à sa nouvelle filiale low-cost, Transavia France, qui s’envole vers 15 villes cet hiver. Pour «éviter de se marcher les pieds», reconnaît Christian Boireau, directeur commercial de la maison mère, celle-ci a pris soin de délimiter clairement les marchés : d’un côté les clients en caleçon de plage, de l’autre l’homme d’affaires. Confrontée à la concurrence des low-cost sur 20% de ses lignes moyen courrier en France et en Europe, le numéro 1 français du transport aérien a décidé de ne «pas se laisser faire», explique Christian Boireau, également président du conseil de surveillance de Transavia France. Le décollage est modeste, avec un premier vol vers le Portugal en mai dernier et seulement 4 avions pour l’été. En 2008, elle prévoit trois appareils supplémentaires , puis «un ou deux en 2009».
Au final, Transavia France a un «niveau de coûts comparables à celui de Ryanair ou d’EasyJet», assure-t-il. Premier poste d’économie : le système de distribution. Là encore, le client imprime lui-même son billet sur Internet. Deuxième technique : une flotte unique, qui «évite le coût d’un process compliqué», explique Lionel Guérin, PDG de Transavia France. «C’est le secret des low-cost.» Surtout, les salariés de Transavia ne bénéficient d’«aucuns avantages de ceux d’Air France».

Informatique : quand le high-tech devient low-cost

En janvier, le fabricant taïwanais Asus doit lancer en France un PC portable low-cost. Normalement à moins de 300 €, il s’agirait d’un petit portable équipé du système Linux. Du côté de Hewlett Packard, au parfum du projet d’Asus, «la réflexion est lancée sur les opportunités du low-cost», confie un porte-parole. Déjà, toute la fabrication - au niveau d’HP Europe et de sa filiale Compaq - a été délocalisée en Chine et en Europe de l’Est : «En trois ans, nous avons pu réduire de moitié le prix d’un portable de base, passant de 1.000 à 500 €». Mais se mettre au low-cost «n’est pas évident», explique ce porte-parole, en raison des «coûts incompressibles , notamment de distribution». En France, un distributeur appartenant au groupe Auchan, GrosBill, qui vend essentiellement sur le Web, mise à l’approche de Noël sur ces produits de «high-tech low-cost».

Journaux : Le Monde s’invite dans la presse gratuite

«N’est-ce pas dévaloriser l’information que de la rendre gratuite ?» Ces mots sont de Jean-Marie Colombani, publiés dans l’éditorial du Monde le 19 février 2002. A l’époque, le PDG du groupe fustigeait ainsi l’arrivée en France des journaux gratuits. Quatre mois plus tard, le même Colombani décroche l’impression d’une partie de 20 Minutes. Cinq ans plus tard, le Monde franchit totalement le pas et, associé à Vincent Bolloré, lance un nouveau gratuit, Matin Plus. La raison de ce retournement de veste ? Le juteux contrat avec l’imprimerie du Monde. «C’est le seul gain en espèces», souligne un journaliste. Pour le reste, le groupe le Monde échange 30% dans la société Matin Plus contre des articles issus du quotidien et de Courrier international. Mais pour Philippe Thureau-Dangin, directeur de la rédaction de Courrier, il ne s’agit pas pour autant de low journalism : «On ne s’interdit aucun sujet, c’est intéressant de s’adresser 100.000 personnes à Paris et quelques milliers en province, et leur donner à lire des articles sur des problématiques qu’ils ignorent.» Décriée par les journalistes au début, la collaboration avec Matin Plus ne semble plus guère faire de vagues. «Il y a l’argument financier qui joue, raconte un journaliste, et aussi le fait qu’on ait négocié une charte éditoriale neutre.» Sauf bien sûr quand, au printemps dernier Bolloré, intime de Nicolas Sarkozy, décide de trapper un papier de Courrier International «extrêmement désagréable pour la France».

(Source : Libération)
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0 # tristesir 2007-12-13 18:51 La Logan fabriquée en Roumanie est typique des risque du "low cost".
Payer moins cher a dans ce cas précis, sans aucun doute, comme conséquence, d'accélerer les délocalisations et donc la destruction d'emplois en France.

Ne va t'on pas voir s'enclencher le phénomène suivant:
Plus le low-cost s'accroit plus des gens perdent leur emploi et plus ils sont forcés de consommer low-cost. Une véritable spirale !

A propos de grande distribution,
Christian Jacquiau, l'auteur du fameux livre, "les coulisses de la grande distribution" devrait être reçu de 14h à 17h30, Lundi 17 Décembre 2007, sur la radio libre et iconoclaste, Radio Ici et Maintenant 95,2 en Région parisienne et par flux à travers leur site web ( http://www.icietmaintenant.info )

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