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NS se rachète une conduite
Une annonce qui, comme par hasard, non seulement intervient à quelques semaines des élections municipales mais semble aussi être une conséquence de l'effondrement de sa cote de popularité dans les derniers sondages. L'électorat principal de Nicolas Sarkozy n'a pas digéré que son gouvernement revienne sur les exonérations de redevance télé, que les retraites n'aient été revalorisées que de 1,1% au 1er janvier, et que ce président de la République désacralise ainsi sa fonction en manquant de retenue, ne serait-ce que sur sa vie privée.
Alors, Nicolas Sarkozy réussira-t-il à reconquérir les petits vieux avec quelques euros de plus ?
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Commentaires
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, prône des mesures " généreuses et courageuses " lors de la nouvelle étape de la réforme des retraites. "Il y aura plus de réformes en 2008 qu'en 2007. (…) La réforme ne fait plus peur si elle est équilibrée, partagée."
Intervenant le jour de la parution des décrets réformant les régimes spéciaux de retraite de la SNCF et de la RATP, Xavier Bertrand a assuré hier que le quinquennat serait marqué par "une empreinte sociale forte". La deuxième étape de la réforme des retraites sera un rendez-vous clef du deuxième trimestre, les syndicats, à l'instar de la CGT, se préparant à mobiliser. Conscient du risque de jonction des revendications sur les retraites et sur le pouvoir d'achat, le ministre a pris deux engagements importants hier.
D'abord, le minimum vieillesse (7.537,29 € par an depuis le 1er janvier 2008) sera bien revalorisé de 25% "au cours de ce quinquennat". Cette promesse électorale de Nicolas Sarkozy n'était plus évoquée ouvertement ces derniers mois. Au sein de l'exécutif, on expliquait qu'il s'agissait d'augmenter les "petites retraites" sans plus de précision.
Dans son rapport préparatif au "rendez-vous" de 2008, le Conseil d'orientation des retraites, où siègent de nombreux hauts fonctionnaires, mettait en garde contre une brusque hausse de 25% du minimum vieillesse qui coûterait 2,45 milliards, soit le poids de la dépense actuelle (2,3 milliards). Surtout, pour le COR, une forte revalorisation du minimum vieillesse, qui constitue une garantie de revenu non liée aux cotisations (621 € par mois pour une personne seule), réduirait l'écart avec les salariés ayant effectué une carrière complète au Smic. Or cet écart "doit rester significatif si l'on souhaite continuer de valoriser le travail".
L'engagement de Xavier Bertrand n'est pas anodin. Comme celui sur les pensions de réversion des veufs et veuves : le ministre du Travail a assuré, à l'Assemblée, que le taux de ces pensions passerait de 54% à 60%, comme Nicolas Sarkozy s'y était engagé.
Le gouvernement estime que la deuxième étape de la réforme des retraites ne pourra être acceptée par l'opinion si elle se contente de durcir les paramètres. "Cette année, nous aurons à prendre des mesures généreuses mais il faudra bien aussi que l'on puisse prendre des mesures courageuses. Les unes ne pourront pas aller sans les autres", a dit Xavier Bertrand, mettant en avant ses priorités pour développer l'emploi des seniors : "Libérer le cumul emploi-retraite, favoriser le temps partiel en fin d'activité, faire du tutorat en entreprise autre chose qu'une expérimentation , imaginer un système de bonus-malus qui valorise les initiatives des entreprises recrutant ou en gardant les salariés âgés…"
(Source : Les Echos) Répondre | Répondre avec citation |
Le Premier ministre, François Fillon, a affirmé que l'engagement d'une hausse de 25 % du minimum vieillesse d'ici à 2012 serait tenu. Y êtes-vous favorable ?
Je suis favorable à une hausse du minimum vieillesse car il y a aujourd'hui un réel besoin de relever les pensions des personnes concernées (621 € par mois pour une personne seule), qui sont le plus souvent des femmes isolées. Elles se retrouvent en dessous du seuil de pauvreté et le décalage va en s'accroissant. Mais accorder un coup de pouce ne résoudra pas le problème de l'indexation du minimum vieillesse sur l'inflation : le décrochage par rapport au SMIC et aux salaires en général se reproduira de nouveau. Il faut apporter des solutions durables. Il faut surtout que Nicolas Sarkozy ne se contente pas d'un effet d'annonce avant les élections municipales. Revaloriser les petites retraites, c'est bien, mais qui paie ? A mon sens, ce n'est pas aux régimes de retraite d'assumer une dépense qui représente de l'ordre de 2,5 milliards d'euros.
N'est-ce pas, pourtant, un élément de solidarité que prend habituellement en charge le régime général ?
La deuxième étape de la réforme des retraites, qui s'ouvrira fin mars, devra clarifier ce point. J'estime qu'à l'avenir les régimes de retraite ne pourront pas compenser tous les aléas des carrières professionnelle s des assurés, au vu des déficits croissants et de la baisse programmée des taux de remplacement. La solidarité nationale, ce peut être aussi l'Etat. Le régime général du privé a déjà dû supporter les départs anticipés pour carrière longue et la suppression des conditions d'âge pour bénéficier d'une pension de réversion, que le gouvernement veut aussi augmenter, d'ailleurs. Et la prise en compte de la pénibilité pourrait encore s'ajouter. Je ne vois que des dépenses supplémentaires , mais pas d'économies et encore moins de financements nouveaux.
La réunion d'aujourd'hui va permettre d'aborder le sujet…
Je l'espère et je salue cette initiative qui est sans précédent et qui doit permettre de faire ressortir les attentes des partenaires sociaux. Mais la grande faille du programme qui nous a été soumis, c'est que le financement de la protection sociale n'est pas abordé comme un chantier en tant que tel alors que c'est le sujet clef. Sans recettes nouvelles pour la retraite, cela voudra dire qu'on se contente d'allonger la durée de cotisation. Et comme la situation de l'emploi des seniors ne s'améliore pas, cela signifie que les retraites vont baisser. Même chose pour la santé : l'assurance privée ne peut pas être le seul remède. De nouveaux transferts réduiraient la solidarité et pèseraient sur le pouvoir d'achat. Enfin, on ne peut pas faire l'impasse sur la dette accumulée et les modalités pour la rembourser. Répondre | Répondre avec citation |
"J'ai décidé d'accorder à chacun des bénéficiaires du minimum vieillesse une prime de 200 € pour les aider dès maintenant à faire face à leurs charges dans leur vie quotidienne", a dit le chef de l'Etat, selon le texte de son intervention diffusé par l'Elysée. "Cette prime est, en quelque sorte, une avance à valoir sur les revalorisations à venir, sur lesquelles j'ai pris des engagements. Elle sera versée au début du second trimestre", a-t-il ajouté.
Il a confirmé vouloir revaloriser le minimum vieillesse de 25% et porter de 54 à 60% le taux des pensions de reversion sur la durée de son quinquennat.
Un peu plus tôt dans la journée, le Premier ministre François Fillon avait annoncé qu'il allait "proposer" une augmentation de 5% du minimum vieillesse en 2008.
(Source : La Tribune) Répondre | Répondre avec citation |