Le syndicat met notamment en cause “des rémunérations de plus en plus individualisées” et “une pression constante [de la direction] sur l’encadrement, qui la répercute sur les agents, ce qui a pour effet d’aggraver le stress et le mal-être au travail de très nombreux salariés”. “Les gens qui osent se manifester et s'exprimer sont très rapidement isolés, déplore Viviane Derrien, déléguée CGT. Dans certains services, le personnel est totalement infantilisé. Cinq mois après le grave évènement qui est survenu en janvier à Rennes, c’est comme si rien ne s’était passé”.
La déléguée évoque en l’occurrence le suicide d’un agent du service “employeurs” qui, le 27 janvier, avait quitté au cours de la matinée son bureau pour rentrer à son domicile d’où il s’était défenestré. Cet agent, qui avait exprimé des désaccords sur le fonctionnement du service, avait été convoqué à plusieurs reprises par sa hiérarchie. C’est à la suite de ce suicide que le CHSCT (Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail) avait jugé la situation suffisamment préoccupante pour demander à un cabinet indépendant, Alpha Conseil, une expertise sur les conditions de travail dans l’ensemble des bureaux Assedic de Bretagne.
Outre les pressions exercées sur le personnel, la CGT dénonce aussi la manière dont sont traités les demandeurs d’emplois. “L’important est de faire du chiffre et des gains de productivité, souligne Viviane Derrien. Cela se fait au détriment des agents et des demandeurs d’emplois, qui ne sont déjà plus reçus qu’à l’inscription ou dans le cadre des contrôles. En cas de problème, rencontrer un agent est devenu mission impossible, et le temps que l’on peut passer au téléphone est compté”.
Une situation qui risque de se dégrader encore davantage, estime le syndicat, avec la prochaine fusion de l’ANPE et des Assedic et la mise en place du dispositif prévoyant la radiation des demandeurs d’emplois après le refus de deux “offres raisonnables”. “L’idée est d’obliger plusieurs centaines de milliers de chômeurs à accepter des postes non pourvus sans se poser la question des raisons pour lesquelles ils ne le sont pas (bas salaires, mauvaises conditions de travail, temps très partiels, etc…), tout en décourageant les demandeurs d'emplois qui ne seront plus indemnisés de rester inscrits”.
Environ 530 personnes travaillent actuellement sur une petite trentaine de sites en Bretagne qui, selon Viviane Derrien, seraient parmi les plus performants en France pour le nombre de dossiers traités chaque mois.
(Source : Libé Rennes)
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