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Accueil Social, économie et politique Un pays de légumes dirigés par des navets !

Un pays de légumes dirigés par des navets !

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«En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées !» C’était le slogan en vogue dans les années 70, lors du premier choc pétrolier. Trente cinq ans plus tard, le constat est accablant : En France, on n’a pas de pétrole ET on n’a plus d’idées. La faute à qui ? Aux navets qui nous dirigent !

On n’est vraiment pas gâtés ! Depuis des décennies, la France est dirigée par des politiciens sans envergure, sans ambition collective et sans vision d’avenir.

Si François Mitterrand n’a pas brillé par son esprit visionnaire sur les questions économiques et industrielles, Jacques Chirac a été plus encore le Président de l'immobilisme. Zéro pointé ! Quant à Sarkozy, il tente de colmater les brèches de 30 années d’inertie et de renoncement avec l'incompétence qu’on lui connaît et l’absence de résultats qui va de paire.

Pour préparer l’avenir, il n’y a plus personne à la barre du navire depuis un bon moment. Et ceux qui, malgré tout, se retrouvent aux commandes font montre d’un manque total d’anticipation et d’imagination, sous couvert de pragmatisme.

Si encore notre pays était bien géré !

Si au moins ces «bons gestionnaires» autoproclamés l’étaient. Si encore notre pays était bien géré, ses comptes sociaux équilibrés, son chômage contenu, ses entreprises florissantes… Nous pourrions admettre qu’à défaut d’ambitions et d’impulsions nouvelles, nos politiques préservent notre patrimoine industriel et financier en bons pères de famille. Mais il n’en est rien !

Avec leur gueule de premiers de la classe sortis majors des grandes écoles d’administration ou de commerce, nos costards-cravates imbus d’eux-mêmes n’ont qu’une option à nous proposer :

Pour combler les déficits, il faut réduire les dépenses. Pour ne pas augmenter les impôts, il faut dégraisser le mammouth de la fonction publique. Pour conserver notre compétitivité internationale, il faut privatiser, bloquer les salaires, licencier et délocaliser. Quelles trouvailles !

Voilà les solutions qu’ils préconisent, quel que soit le sujet abordé : Un business plan aux minima, qu’un comptable de PME pourrait prescrire et mettre en œuvre.

Une cruelle absence d’impulsions politiques

Et c’est de cette façon qu’on traite depuis des décennies les grands dossiers nationaux, sans résultat probant… à part le creusement des déficits.

En définitive, ça fait près de 30 ans que la France connaît une crise provoquée par l’absence d’impulsions et d’initiatives politiques, telles qu’on en a connues dans les années 50, 60 et 70, en ces temps oubliés où un Plan quinquennal fixait des objectifs à long terme.

La planification des années 60 a initié les grands chantiers qui ont fait la richesse industrielle et technologique de la France à la fin du XXe siècle : l’aérospatiale et le lanceur Ariane, l’aéronautique et le Concorde suivi du programme Airbus, le transport ferroviaire et le TGV, le développement de notre industrie électronucléaire, la construction de l’aéroport Charles-de-Gaulle et d’une multitude d’autres grands projets.

Dans les années 70, cette planification nous a permis de rattraper le retard considérable qu’avait pris la France dans les télécommunications. En moins de 10 ans, nous l’avons comblé et, mieux, nous avons pris une longueur d’avance, en développant les premiers services on-line Minitel, 20 ans avant la généralisation d’Internet.

Aujourd’hui, que nous propose-t-on ? Rien !


La crise financière de 2008/2009 a démontré à quel point nos élites politiques et économiques sont à cours d’idées. Le gouvernement a bricolé à la va-vite un plan de relance de l’économie qui illustre ce manque criant d’imagination, d’anticipation et de prospective.

Alors que nous sommes à un tournant de l’Histoire industrielle de l’Humanité, que tout est à réinventer pour adapter nos modes de vie et nos produits aux nouvelles contraintes environnementales et d’approvisionnement en matières premières (notamment en énergies fossiles), quelles mesures a proposé notre gouvernement ?

Une prime à casse (pour maintenir les ventes de l’industrie automobile), la construction d’infrastructures routières souvent inutiles et la rénovation de bâtiments publics (pour maintenir l’emploi dans le BTP). Un cache-misère pour une économie française qui a perdu 400.000 emplois salariés en 2009 !

Et à la tête de cette «relance» qui trouvons-nous ? L’avocat carriériste Patrick Devedjian qui n’a ni le profil de l’emploi ni le bagage technique ou scientifique nécessaire, et moins encore l’esprit visionnaire. Un rapide coup d’œil sur sa biographie (auréolée de son engagement d’extrême droite, son «erreur de jeunesse») suffit à convaincre tout un chacun.

Un avocat et une riche héritière à la tête de la relance industrielle

Même constat du côté du patronat français dirigé par l’insignifiante Laurence Parisot, riche héritière d’un constructeur de meubles et Pdg d’un institut de sondages, l’IFOP. Symbole de la valorisation des activités de services au détriment de notre outil industriel !

Depuis plus de 30 ans, on bricole, on tente de colmater les trous, on gaspille le patrimoine hérité des 30 Glorieuses, et on ne propose rien de nouveau. On n’anticipe pas ou alors à retardement.

L’imagination, la prospective et l’ambition collective sont des valeurs aujourd’hui volatilisées. Les entrepreneurs et les visionnaires n’ont plus la cote. Ils ont été remplacés par des arrivistes qui n’ont qu’un objectif : assurer leur promotion individuelle, grimper le plus rapidement possible l’échelle sociale et s’en mettre plein les poches.

Nos grandes écoles (d’administration, commerciales) forment des crânes d’œuf stéréotypés, carriéristes, pantouflards et rentiers (ou, au mieux, spéculateurs).

Après les 30 Glorieuses, les 30 Calamiteuses

Leurs procédures de recrutement excluent les candidats aux parcours atypiques. Et leurs programmes se gardent de bien de promouvoir la prise de risque, l’esprit d’entreprise, le vrai.

Au contraire, ils glorifient les success stories contemporaines, celles qui se jouent dans les salles de marché, devant l’écran d’un ordinateur, et qui consistent à acheter au plus bas et à vendre au plus haut, à boursicoter, à faire du fric avec n’importe qui, avec n’importe quoi et souvent n’importe comment.

Cette réussite, c’est celle des traders, des «money makers» (faiseurs d’argent), de tous ceux qu’on ne voit jamais et qui dirigent une économie livrée à elle-même.

On formate dans un même moule notre «élite» politique et économique. Les uns grossiront les rangs des hauts fonctionnaires de l’État. Les autres, le Top Management des multinationales françaises ou étrangères : l’Oréal, Total, Procter & Gamble… pour y faire carrière avec un seul mot d’ordre : Optimiser les coûts (ce qui revient toujours à les réduire) pour accroître les marges bénéficiaires.

Ils deviendront les soldats d’un système qui récompense les licencieurs et pénalise les embaucheurs, d’un système qui dope les délocalisations et entrave le développement industriel national, qui favorise la déréglementation sociale et la baisse des salaires, au détriment de la vraie création de richesses.

Et plutôt que de revitaliser l’industrie française, le gouvernement actionne le seul levier qu’il connaisse, celui de la consommation qui creuse notre déficit commercial, puisque l’on produit de moins en moins en France et qu’on importe de plus en plus.

Nous n’avons rien de mieux à attendre de la gauche socialiste

Et ne comptons pas sur la gauche socialiste pour inverser cette tendance impulsée sous François Mitterrand, dans les années 80.

Au PS, on retrouve les mêmes crânes d’œuf qui garnissent le nid de l’UMP. La sclérose y est d’autant plus flagrante que, par le passé, cette «gauche» revendiquait cette imagination, cette capacité à «changer la vie» face à une droite «conservatrice».

Aujourd’hui, tous les œufs sont dans le même panier, celui du déclin de l’impulsion collective et de la vision d’avenir.

Et ce déclin politique ne fera qu’accentuer celui de notre économie, de notre modèle social et de notre rayonnement international.

Car si la France n’a toujours pas de pétrole, il y a belle lurette qu’elle n’a plus d’idées !

Yves Barraud

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Mis à jour ( Mercredi, 25 Mai 2011 20:38 )  

Commentaires 

 
0 # Orwell 2020 2010-02-22 17:51 L'article dit vrai, il va au fond du problème. Mais je me pose toujours la même question: On ne voit aucun signe d'une révolte. Tout le monde semble de se faire une raison, d'acquiescer, de se taire. Cela encourage les pouvoirs en place - de droite ou de gauche - à continuer comme d'habitude, à proposer des mesurettes pour duper le public et cétera. En clair: Nous sommes dominés par des castes qui ne poursuivent qu'un seul intérêt: Que rien ne change. Car tout changement profond les mettrait en question. Mais tant le bon peuple continuera à subir docilement, il n'y a aucun danger! Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Pyrogalol 2010-02-25 14:08 C'est le syndrome de l'industrie pharmaceutique: n'ayant pas inventé une seule nouvelle molécule depuis trente ans, ils passent le plus clair de leurs budget en Com' et Marketing, au détriment de la Recherche / Développement.

Le vide intégral n'habite pas seulement les politiciens, mais également tout le tissu industriel Français, encombrés de patrons nullards, aveugles et autistes…

Moi, je trouve que Devedjian les représente bien: passé louche, avenir incertain !
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0 # JR Jura 2010-02-24 17:19 I faut aussi oser proposer des solutions, et il y en a, à l'instar du développement des télécoms :
Investir dans la voiture propre et les transports en communs, dans la haute qualité énergétique des matériaux d'isolation, dans des formations pro demandées, dans la protection et valorisation de nos espaces naturels, fluides naturels (air et eau), l'agriculture bio.

L'Etat est fauché, ce sera donc le rôle des collectivités territoriales que d'impulser de tels projets.
2012, vite !
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0 # tintin74 2010-02-24 17:25 Excellente analyse, cependant je la trouve sévère sur Mitterand car je juge son bilan assez possitif. N'oublions pas que Sarkozy qui s'érgie comme le pionnier des réformes en France ne l'est pas en fait, Mitterrand en avait fait des quantités et d'importance en son temps ! Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Yves 2010-02-24 21:04 En matière de grands projets économiques et industriels, Mitterrand n'a pas été un visionnaire. Ou alors, ça m'a échappé (rafraîchissez-moi la mémoire).

Comme ses successeurs, il a profité du formidable élan de modernisation de l'économie française impulsé sous de Gaulle et un peu sous Pompidou et Giscard.
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0 # fao 2010-02-26 13:37 Allez voir sur le site :
http://www.inventionsalarie.com/index.php?p=1_12_Conseils-aux-IS

Pour savoir ce qu'il en est de l'innovation en France, je travaille dans ce domaine mais à l'étranger maintenant, idem pour un de mes cousins, écoeurés tous deux par les boites francaises. Désormais, ca se passe bien mieux pour nous deux.
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0 # gilles-marseil13 2011-12-29 11:54 Bonjour, A tous sortir des mêmes écoles: ENA, Science po, dont ayant suivi les même cursus que leurs parents, comment voulez-vous trouver des idées novatrices? Comment redonner à l'Etat son pouvoir de gestion et surtout d'imagination. Depuis De Gaulle, il me semble que tous nos président sont sortis des mêmes écoles ou s'entourent des mêmes conseillers.
Pour que la France bouge, il faut annihiler ces formations de "hauts" cadres dont on n'a que faire. A ce propos, je rappelle que chaque année, une nouvelle promotion se présente dans les cabinets ministériels… On ne dégraisse pas pourtant. D'ailleurs, ce serait une très riche et économe gestion: la délocalisation des énarques! Mais qui en voudrait? Ils ne produisent rien, sauf des études et autres statistiques qui servent le pouvoir. Un chômeur avec un mépris pour ces "élites".
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