Le nombre des RMIstes parisiens a atteint 58.200 allocataires au 31 mars dernier (ils étaient 62.600 fin 2005). 26% d'entre eux le sont depuis moins d'un an, et 33% depuis plus de 4 ans. 26% ont un niveau bac+3, et - spécificité de la capitale - 18% sont issus du secteur artistique, dans une "situation chaotique" depuis la réforme du système d'indemnisation des intermittents du spectacle, selon l'adjointe à la lutte contre l'exclusion Mylène Stambouli.
Plus de moyens. Les dépenses consacrées par la Ville de Paris à leur insertion sont passées de 36,7 millions d'euros en 2001 à 54,1 millions d'euros en 2006. Autre spécificité parisienne, les trois quarts des allocataires bénéficient d'un suivi personnalisé avec une forte augmentation du nombre des contrats d'insertion, passés de 11% en 2001 à 41% en mars 2007. Reste à savoir si on leur force la main et si le suivi de ces RMIstes est comparable à celui qu'effectue l'ANPE avec sa Gestion de la Liste...
Issues précaires. Selon la mairie, les mesures du Plan départemental d'insertion ont permis à 6.310 RMIstes de retrouver un emploi en 2006. Mais dans le détail, seulement un tiers a trouvé un emploi dans une entreprise classique (on ne précise pas si c'est en CDI) tandis qu'un tiers n'a obtenu qu’un contrat aidé et que le dernier tiers a atterri dans des structures d'insertion par l'activité économique. Ce n'est pas très glorieux...
Qu'à cela ne tienne, c'est un "résultat encourageant", estime l'adjointe à la solidarité Gisèle Stievenard : sept nouveaux "espaces insertion" vont ouvrir d'ici la fin de l'année, et l'objectif pour 2007 est fixé à 7.500 RMIstes placés. Mme Stievenard juge d'ailleurs "insupportable le discours sur l'assistanat", d'autant plus que, du fait de la décentralisation du RMI depuis le 1er janvier 2004, "la dette cumulée de l'Etat vis à vis du département de Paris atteint, au titre du RMI, 82 millions d'euros".
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Commentaires
• Baisse record des RMIstes dans les Bouches-du-Rhône (25/05/07)
Dans ce département, on ne s'encombre pas de scrupules et on fait disparaître 12% de RMIstes en un an alors qu'au niveau national, la baisse n'a été que de 1%…
• Les RMIstes sont en baisse (08/03/07)
Zoom sur une timide décrue qui s'est amorcée en 2006.
• L'insertion par l'activité économique : une machine à exclure (06/11/06)
Beaucoup de subventions et d'exonérations patronales pour une voie de garage qui ne sert qu'à cacher les exclus, et dont les résultats ne sont même pas évalués !
• Qui sont les RMIstes ? (20/04/07)
La dernière étude qualitative de la DREES sur cette population méprisée. Répondre | Répondre avec citation |
Fin 2006, métropole et DOM confondus, le nombre d'allocataires du RMI s'élevait à 1,26 million (- 0,9% par rapport à 2005). Au 31 mars 2007, toujours en métropole et dans les DOM, 1,21 million de foyers ont perçu le RMI selon la DREES (ministère de l'Emploi) et la CNAF. Le nombre de RMIstes a donc diminué de 3,9% au premier trimestre 2007 en données corrigées des variations saisonnières, et également de 3,9% sur un an (entre mars 2006 et mars 2007).
La forte diminution du nombre de RMIstes s'explique, selon la DREES, notamment par l'amélioration depuis la mi-2005 de la conjoncture du marché du travail, qui se répercute avec un certain retard…
Surtout, la DREES relève que :
• la modification du dispositif d'intéressement à la reprise d'activité, entrée en vigueur à compter du 1er octobre 2006, a également compté pour la moitié de la baisse (un effet d'aubaine particulièremen t trompeur puisque la durée pendant laquelle un RMIste retrouvant un emploi peut cumuler son allocation avec son revenu d'activité a été en effet réduite, parallèlement à la mise en place de primes forfaitaires)
• la poursuite du développement des contrats d'avenir, et dans une moindre mesure celle des contrats d'insertion-revenu minimum d'activité (CI-RMA), a également contribué à la baisse. Fin mars 2007, 73.000 allocataires ayant un droit ouvert au RMI ont signé d'un de ces contrats aidés, contre 29.000 un an auparavant.
Enfin, la baisse du nombre d'allocataires du RMI au premier trimestre est liée aussi en partie au nombre moins élevé de personnes ayant déposé une demande de prise en charge.
Le RMI, qui fêtera ses 20 ans en décembre 2008, fera l'objet d'une réforme confiée par le Premier ministre à Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, visant à le remplacer par un "revenu de solidarité active" (RSA) qui encourage la reprise d'activité. Répondre | Répondre avec citation |
Finalement on peut dire que les motifs de la baisse des Rmistes ressemblent fort à ceux de la baisse des chômeurs : à grands renforts de contrats aidés + ou - forcés et de droits réduits (je pense à la réduction du cumul minima social/ revenu de misère), ils sortent des statistiques mais pas de la pauvreté et du zéro avenir. Répondre | Répondre avec citation |