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Accueil Social, économie et politique Intérim : la réalité

Intérim : la réalité

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Selon une étude du ministère du Travail (DARES) effectuée sur l'année 2006, seuls 14% des intérimaires ont été en missions pendant au moins 6 mois, tandis que les trois-quart ont travaillé moins de 4 mois et le reste a travaillé moins de 15 jours...

En moyenne sur 2006, les intérimaires ont travaillé pendant 2,5 mois. Plus de 16 millions de missions - dont la moitié émane de l'industrie où 7% des travailleurs sont intérimaires - ont été réalisées par quelque 2 millions de salariés. Parmi eux, un sur deux a réalisé au moins quatre missions dans l'année, et près d'un sur quatre n'a effectué qu'une seule mission.
L'année dernière, ce sont 737.400 contrats supplémentaires qui ont été conclus, soit une hausse de 4,8%. Le volume de l'intérim a progressé de 17.100 équivalents-temps pleins (+ 2,9%) pour atteindre 602.800 équivalents-temps pleins.

Durée des missions, 2 semaines. La durée moyenne des missions d'intérim est restée stable à 1,9 semaine. C'est dans la construction qu'elles sont en moyenne plus longues (2,8 semaines en 2006) devant l'industrie (2,3 semaines) et le tertiaire (1,3). Sinon, 60% des missions durent moins d'une semaine et 38,2% ne durent qu'une journée, précise la DARES.

Elle est là, la réalité de la création d'emplois ! En juin, l'Unedic a relevé que 42% des emplois nouvellement créés depuis janvier étaient en intérim [1]. Pour le reste, son outil statistique est d'ailleurs incapable de distinguer le type d'emplois créés (CDD ou CDI ?), pas plus que la durée du travail (temps plein ou temps partiel ?) proposée aux nouveaux salariés.
Il y a quelques jours, l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (ACOSS) a constaté que si l'emploi salarié ne progresse pas, l'intérim a explosé - plus de 80% depuis 1997 - et que "le développement sans précédent de l'intérim traduit une profonde modification du recours à ce type de contrat, qui va désormais bien au-delà des fluctuations économiques" [2]. Autre signe qui ne trompe pas : selon Les Echos, les intérimaires sont de plus en plus qualifiés, et aussi de plus en plus âgés.

Chômage récurrent. Entre deux missions, ces salariés reviennent inévitablement grossir les rangs de l'ANPE. A l'heure où 80% des offres d'emplois sont précaires et 20% des actifs sont en instabilité professionnelle, ce turn-over pèse lourd dans les finances de l'Unedic : il représente 2/3 des entrées et le coût d'un chômeur indemnisé à la fin d'un contrat précaire est plus de deux fois plus élevé que pour un CDI. Selon FO, en 2004, les CDD représentaient près de 4% des contributions au régime d'assurance chômage mais 22% des allocations versées, et les emplois intérimaires près de 3% des contributions et 7% des allocations. Globalement, CDD et intérim représentaient 8,2 milliards d'euros d'allocations pour seulement 1,71 milliard d'euros de contributions. Quant à la Sécu, pour 100.000 chômeurs, l’assurance maladie perd plus de 400 millions d’euros de cotisations.

La précarité est devenue un vrai mode de gestion de la main-d'œuvre, et un gouffre financier pour les finances publiques qui sont seules à en assumer le coût : Quand se décidera-t-on à surtaxer le travail précaire ?

[1] L'emploi salarié boosté… par l'intérim
[2] Moins d'emplois, plus d'intérim

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Mis à jour ( Lundi, 23 Juillet 2007 19:43 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2007-07-23 19:06
• Pour la Sécu, il faudrait mettre en place une assiette des cotisations patronales qui module les taux de cotisation. Ainsi, les entreprises qui développent les emplois, les salaires, la qualification et la formation auraient un taux de cotisation relativement abaissé mais, d’un autre côté, il y aurait plus d’entrées de cotisations sociales. Les entreprises qui pratiquent une gestion inverse seraient assujetties à un taux de cotisation beaucoup plus lourd afin de les en dissuader.
Autre mesure : la création d’une nouvelle cotisation sur les revenus financiers des entreprises. Il y a 80 milliards d’euros de placements financiers qui ne sont soumis à aucune cotisation sociale. En leur appliquant le même taux que les cotisations patronales à l’assurance maladie, il rentrerait 10 milliards d’euros. Soit largement plus que le déficit actuel.

• Pour l'Unedic, taxer les entreprises qui abusent des contrats précaires en modulant leurs cotisations serait une source de recettes qui comblerait quasiment le déficit. Fin 2005, la CGT avait proposé que la cotisation de l'employeur reste à 4% pour les CDI (contrats à durée indéterminée) mais passe à 9% pour les CDD et à 13% pour l'intérim et les CNE (contrats nouvelles embauches). "La flexibilité est un choix de l'entreprise, le coût de son choix ne doit pas revenir à l'assurance chômage", avait alors affirmé Maurad Rabhi, délégué CGT au bureau de l'Unedic.
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0 # Maxerem 2007-07-25 13:36 "La flexibilité est un choix de l'entreprise, le coût de son choix ne doit pas revenir à l'assurance chômage"

Cette remarque semble parfaitement justifiée, même considérée strictement d'un point de vue "économie de marché". En effet, l'entreprise qui utilise massivement l'intérim profite de couts moindres que son concurrent qui a des employés permanents. Ceci amènera à une quasi généralisation de l'intérim et des CDD, et c'est bien ce qu'on observe dans pratiquement tous les secteurs concurrentiels.
A l'intérim "de base"s'ajoute massivement l'intérim déguisé que pratiquent les SSII dans l'informatique et les sociétés de conseils dans l'ingénierie, au point qu'elles sont devenues les 1ers employeurs de jeunes ingénieurs en France, les plus vieux restent sur la touche…

Rétablir la vérité des couts semble donc la première mesure à prendre parce qu'elle va influer sur la structure de l'emploi, mais qui osera ?
Au lieu de cela, on voit une mesure comme le RSA fabriquer du déséquilibre supplémentaire en favorisant des jobs à temps partiel, précaires et peu rémunérés.

L'économie est une science complexe, elle n'est ni de droite ni de gauche, mais elle n'est pas le point fort de nos dirigeants: En effet, on ne peut pas la "diriger", on peut seulement créer les conditions pour qu'elle se développe dans le sens souhaité.

Dans un pays ou l'illusion que l'économie se dirige "d'en haut" reste largement répandue à tous les niveaux, la déception est programmée.

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